Organisation en cuisine

Planifier ses menus (sans se prendre la tête)

Même pour quelqu’un qui est dingue d’outils d’organisation, planifier les repas m’a longtemps semblé contre-intuitif et, surtout, profondément ennuyeux. Après tout, quel est l’intérêt de savoir ce qu’on va manger cinq jours à l’avance quand on peut se laisser porter au gré de ses envies et inspirations du moment ?

En tout cas, c’est la théorie. En pratique, ça marche nettement moins bien quand on bosse à temps plein et qu’on a une énergie limitée à consacrer à la préparation des repas. Du coup, on finit souvent par manger la même chose, ce qui est un comble quand on cherche à échapper à la routine.

Ces dernières années, j’ai aussi profondément modifié mes habitudes de consommation alimentaire. Je favorise désormais les commerces de proximité et l’achat en vrac. Or ce changement implique un minimum syndical en matière d’organisation, dont je parlerai dans un prochain article.

Progressivement, j’ai donc commencé à planifier mes repas. Je vous partage la méthode que j’ai adoptée dans cet article. Si les termes « planification » et « organisation » ont tendance à vous hérisser le poil, ne partez pas de suite ! Je vous promets qu’on peut l’adapter à vos besoins et à vos contraintes.

Plannification des repas
Représentation parfaitement réaliste de ma routine d’organisation

Cinq bonnes raisons de planifier ses repas

Avant de passer à l’organisation concrète, voyons pourquoi c’est une super bonne idée de planifier ses repas.

1. On gagne du temps et on réduit sa charge mentale au quotidien

Ouvrir le frigo à 19h45. Constater qu’il ne reste que deux poivrons qui se battent en duel. Chercher une recette sur internet pour trouver quoi faire avec. Trente minutes plus tard n’avoir toujours pas commencé à cuisiner. Ce scénario vous est familier ? À moi aussi. Et il faut reconnaître que ce n’est pas la manière la plus sereine qui soit d’entamer sa soirée. Si la liste des repas est établie à l’avance, il suffit de piocher dedans. La réflexion a été faite à l’avance et les ingrédients sont déjà à disposition dans le frigo. Vous remerciez votre vous passé d’avoir été aussi prévoyant.e.

Prévoir le menu à l’avance permet également d’anticiper les temps de préparation. On peut inclure dans le timing le repos de la pâte à quiche, le pressage du tofu ou le trempage des légumineuses.

Et enfin, ça facilite nettement les courses, puisqu’en principe, on a établi une liste précise. Finies les dix minutes passées devant le rayon des légumes à chercher l’inspiration. Exit les allers-retours à la supérette du coin pour aller chercher l’ingrédient manquant auquel on n’avait pas pensé.

2. On mange de manière plus équilibrée

Le concept de fatigue décisionnelle, ça vous dit quelque chose ? Au cours d’une journée, on doit prendre un nombre incalculable de décisions : thé ou café ? porridge ou pancakes ? bus ou marche à pied ? crossfit ou running ? Or, la volonté dont on dispose n’est pas une ressource inépuisable. Plus la journée passe, plus il devient difficile de faire de bons choix. C’est là que ça devient utile de prévoir ce qu’on va manger en amont, à un moment où on est frais et dispos, plutôt que le soir quand on est fatigué. On sera donc moins susceptible de se rabattre sur des options qui ne sont pas nécessairement au top d’un point de vue nutritionnel.

3. On fait des économies

Si vous restez de marbre face à mes deux premiers arguments, celui-là pourra peut-être vous convaincre. Si on a un budget limité pour l’alimentation, la planification de repas est la clé pour ne pas le dépasser. En effet, on peut acheter uniquement ce dont on a besoin (inutile de faire des stocks). On peut aussi penser à optimiser les ingrédients, comme par exemple prévoir plusieurs recettes à faire avec un légume.

En bonus, on limite les occasions de recourir à la livraison à domicile. Votre carte de crédit vous remerciera.

4. On réduit le gaspillage alimentaire

C’est le point « déprime » de cet article. À l’échelle de la planète, on estime qu’un tiers de la production alimentaire part à la poubelle. Cela représente 8 % des émissions de gaz à effet de serre. La réduction du gaspillage alimentaire est donc l’un des moyens de limiter les effets du changement climatique. Je ne vais pas prétendre que l’action au niveau individuel suffira pour enrayer le phénomène. La lutte contre le gaspillage alimentaire nécessite la mise en place d’actions à une échelle plus globale. Mais la prise de conscience de chacun me semble être un premier pas dans cette direction.

Personnellement, j’ai remarqué que les semaines où on n’organise pas les menus à la maison, on se retrouve souvent à jeter des épinards flétris au compost. Je sais pas vous, mais moi je ne me sens vraiment pas au top quand ça arrive.

Et si vous n’êtes pas sensible à la cause écologique, je vous renvoie au point ci-dessus. Jeter des aliments à la poubelle, c’est jeter de l’argent.

5. On sort de sa zone de confort

Non, je ne vais pas tomber dans la caricature du poster de motivation. Mais j’ai noté que planifier les repas permet d’introduire un peu plus de variété dans les menus. On a rarement l’énergie de laisser parler notre créativité après une longue journée. On finit donc par retomber indéfiniment sur les mêmes idées de plats. Et personnellement, si je déteste m’ennuyer de manière générale, je déteste encore plus m’ennuyer devant mon assiette.

Planification des repas

Faire un plan de menus en cinq étapes

Alors comment procéder concrètement pour planifier ses repas sans paraître trop psycho-rigide ? Avant de faire les courses, on se cale maximum 30 minutes avec le ou les autres membres du ménage (#onpartagesachargementale).

  1. On jette un coup d’oeil à ce qu’il reste dans le frigo et dans les placards pour pouvoir les intégrer dans le plan.
  2. On part de la liste des fruits et légumes de saison.
  3. On s’inspire en parcourant son répertoire de recettes. Je ferai un prochain article sur la manière d’organiser ses recettes, mais vous pouvez aussi piocher dans mes inspirations culinaires.
  4. On définit 5 ou 6 idées de repas complets pour la semaine. Ceux-ci dépendront de votre budget, de ce qu’il reste dans vos placards, des jours où vous prévoyez de manger à la maison et du temps dont vous disposez pour cuisiner. On affiche la liste sur un tableau ou sur un frigo dans sa cuisine.
  5. On établit la liste des courses en fonction. Le plus pratique est pour moi d’utiliser une application mobile à partager avec le/la conjoint.e. J’utilise personnellement Bring! que je trouve assez intuitive, mais n’importe quelle application de liste à cocher fera tout aussi bien l’affaire. Et si vous préférez un bout de papier, vous faites bien ce que vous voulez.

Personnellement, je ne fixe pas de jour déterminé pour chaque recette. D’ailleurs, je prévois rarement plus de cinq recettes par semaine. Ça laisse un minimum de flexibilité pour inclure des envies plus spontanées et du temps pour terminer les restes éventuels. D’ailleurs, je n’inclus pas le lunch dans mon plan de menu. On cuisine généralement en quantité suffisante pour avoir des restes le lendemain midi. Si vous n’avez pas la possibilité de réchauffer un repas au boulot ou si vous êtes allergiques à manger la même chose deux fois de suite, il faudra adapter le plan en conséquence. Quant au petit déjeuner et au goûter, inutile de les inclure chez nous. On a toujours les ingrédients nécessaires à disposition, sauf si on veut tester une recette particulière.

De la même manière, je ne suis pas très fan du « lundi, c’est ravioli », autrement dit, d’attribuer un type de plat à un jour précis de la semaine. À vrai dire, je trouve ça un peu ennuyeux à la longue. En revanche, il y a quelques classiques qu’on peut faire varier au cours des saisons et qui intègrent régulièrement notre plan de menus. C’est le cas de la tarte/quiche aux légumes, le wok de légumes riz/nouilles ou les plats mijotés : dahl de lentille corail, curry de pois chiche, bolognaise de lentilles ou chili sin carne. Et si vous êtes en manque d’inspiration certaines semaines, il vous suffira d’aller repêcher quelques idées dans les menus précédents.

Soyez réalistes ! Sauf si vous êtes d’humeur aventureuse, évitez de prévoir quatre nouvelles recettes à tester sur une semaine. Il faut trouver l’équilibre entre :

  • des recettes longues et compliquées, à faire le week-end ou le jour où vous avez le plus de temps ;
  • des recettes connues et relativement rapides ;
  • des recettes « flemme » à préparer en dix minutes, pour les soirs où vous êtes fatigué.e.s ou lorsque vous manquez de temps.

Si vous n’avez vraiment pas le temps de cuisiner en semaine, vous pouvez d’ailleurs envisager le « batch cooking ». Cela consiste à faire une grosse session cuisine le dimanche pour préparer la base de tous les repas de la semaine. Il ne vous restera alors plus qu’à assembler les ingrédients en un minimum de temps avant de manger. Le concept connaît depuis peu une nouvelle popularité et les livres à ce sujet fleurissent sur les rayons des librairies.

Pour être totalement honnête, je trouve le concept intéressant en théorie, mais je ne le pratique pas personnellement. D’une part, en ce moment j’ai le temps de cuisiner en semaine et je préfère consacrer mes dimanches à d’autres activités (Netflix). D’autre part, les quelques fois où je l’ai testé, j’ai eu un peu de mal à évaluer les quantités. Je me suis donc retrouvée avec des restes que je n’en pouvais plus de manger. Donc bilan mitigé pour ma part, mais à vous de voir si ça marche pour vous !

Au final, le plus important en matière d’organisation est de trouver la formule qui vous convient. L’avantage de celle que je propose, c’est qu’elle peut être tout à fait adaptée à votre quotidien. Si vous préférez avoir un planning ultra-rigide pour ne pas avoir à vous poser de question, libre à vous de compléter l’agenda hebdomadaire pour le matin, midi et soir. Si au contraire votre emploi du temps est trop variable, pourquoi ne pas commencer par prévoir deux ou trois recettes sur la semaine ? Ce sera toujours ça de pris.

Dites-moi en commentaire ou sur les réseaux comment vous organisez les menus de la semaine ! Et quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

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Planifier ses menus sans se prendre la tête

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